2. Promouvoir l’inclusion financière des femmes en Afrique francophone (Cameroun, Congo, Sénégal) (2017-2019)
Chercheurs : Michel Bisa, Sylvie Ayimpam, Olivier Kahola, Jean-Jacques Makwanga, Vévé Banza Kayembe, Maguy Nzuzi, Christian Kitenge
L’organisation New Faces New Voices (NFNV) a commandé une étude sur « l’accès des femmes aux services financiers dans trois pays francophones africains » pour comprendre les niveaux d’inclusion financière des femmes. L’étude part de la considération selon laquelle dans les pays du Sud, les femmes ont tendance à s’investir principalement dans l’économie informelle dont les caractéristiques (par ex. des revenus irréguliers et l’absence de documents officiels) ont tendance à entraver leur accès aux services financiers. Leur incapacité à répondre aux exigences d’accès de l’économie formelle et les garanties exigées contribuent énormément à leur exclusion du secteur formel et limitent leur recours aux services informels. Pourtant, les services informels ont tendance à limiter la croissance et le développement des entreprises des femmes. Cette recherche a pour objectifs de fournir aux régulateurs et décideurs dans les pays respectifs une meilleure compréhension de la dynamique des ménages et des processus de prise de décision autour de l’accès des femmes aux services financiers au Cameroun, en RDC et au Sénégal.
En RDC les enquêtes de terrain sont conduites dans les villes de Kinshasa, de Goma de Lubumbashi. Une première phase de la recherche a été menée en 2017 et 2018 pour tracer le contour du monde de la microfinance. Elle a consisté à identifier les principaux acteurs, les principales institutions intervenant dans le monde de la microfinance en RDC. Il y a eu une enquête de terrain consistant à s’entretenir avec les principaux acteurs de la microfinance. Elle a été complétée par une recherche documentaire consistant à collecter et analyser les données dans les documents, les statistiques, et les rapports périodiques contenant des informations sur la microfinance en RDC.
Une première phase de l’enquête de terrain, essentiellement qualitative, a été conduite à Kinshasa au dernier trimestre de 2018. Des enquêtes plus approfondies seront effectuées à Kinshasa, Lubumbashi et Goma, au dernier trimestre 2019. Elles seront basées comme l’enquête-pilote sur des Focus-group et des entretiens semi-structurés avec des femmes leaders et chefs d’entreprise.
Principaux résultats de la première phase de la recherche : Les données issues des Focus-group et des entretiens individuels indiquent que les femmes ne font généralement pas confiance aux institutions financières formelles, pour y ouvrir des comptes bancaires ou des comptes d’épargne. Elles ont plus confiance aux formes féminines traditionnelles de crédit et d’épargne que sont les diverses formes de tontines. Mais celles-ci ne suffisent plus lorsqu’elles ont un besoin important de financement. Elles préfèrent alors se tourner vers les institutions de microfinance. La discussion montre que cette confiance varie en fonction du niveau de scolarisation, de la situation professionnelle, du niveau de sensibilisation à la question des avantages des institutions financières. Le paysage de l’accès financier selon ces femmes est très diversifié dans la ville de Kinshasa, mais elles observent que plusieurs institutions de microfinance ferment les portes ou changent pour devenir des banques classiques. Elle montre une confiance et un intérêt particulier pour le Mobile Banking, c’est-à-dire ces services financiers qui passent par le téléphone mobile. Ces services rencontrent un grand succès auprès des femmes. Il en ressort qu’ils seraient peut-être une des voies privilégiées d’inclusion financière pour les femmes à bas revenus. Les femmes ont discuté des limites et des défis qu’elles rencontrent dans l’accès aux services financiers formels qui sont des obstacles d’ordre réglementaires, juridiques, économiques et sociaux. Elles ont formulé des recommandations sur que peuvent faire les autorités du pays pour étendre et renforcer la prestation de services financiers aux femmes avec différents niveaux de revenus et dans différentes zones géographiques.
Financement : Cette recherche est commandée par l’organisation sud-africaine New Faces New Voices (NVNF) ; elle financée par la Direction de la recherche internationale du Canada (CRDI) et elle est coordonnée par le Lartes-IFAN Dakar




