1 Les politiques de formalisation de l’informel : le secteur du petit commerce et de la vente au détail à Lubumbashi (2017-2018)
Chercheurs : Sylvie Ayimpam, Olivier Kahola, Gérard Tukumbi, Modeste Mutombo, Justin Katumba, Vévé Banza Kayembe, Jean-Jacques Makwanga, Stéphane Lumbu, Christian Kitenge
Cette étude qui a été menée dans la ville de Lubumbashi a eu pour objet le monde du petit commerce et de la vente au détail. L’enquête a été principalement conduite auprès des commerçants de 4 marchés de la ville (2 marchés urbains et 2 marchés communaux), en essayant d’avoir un focus particulier sur les jeunes et surtout sur les jeunes femmes. Il était important de faire émerger une meilleure connaissance des réalités de ce secteur, en procédant à l’étude de ses principales réalités. Plus concrètement, les objectifs de cette étude étaient de mieux comprendre:
- les dynamiques internes au sein du secteur de la vente au détail dans la ville de Lubumbashi et comment il s’articule avec d’autres secteurs d’activités;
- les problèmes auxquels sont confrontés les commerçants de la vente au détail en termes d’insécurité, leurs conditions de travail, leur rapport à l’administration et à la formalité ;
- les actions ou mesures qui pourraient les conduire à formaliser leurs activités suivant différents degrés.
Principaux résultats : Les résultats de l’enquête ont permis de tracer leur profil sociodémographique, leurs trajectoires de vie ainsi que les motivations qui ont poussé les commerçants à embrasser ce métier. L’analyse du profil et des trajectoires de vie montre que les commerçants forment un groupe assez homogène, les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans ce métier, l’âge moyen se situe autour de 40 ans, et le niveau moyen des études est le niveau d’études secondaires ; l’enquête montre que les commerçants disposent des ressources individuelles très faibles, mais ces ressources sont peu compensées par des dynamiques d’entraide et de solidarité (famille et regroupements professionnels). L’examen du mode d’organisation du petit commerce, et notamment du type de filières, position des acteurs, concurrence et collaboration, niveau d’organisation montre que les filières commerciales ne sont pas organisées, et qu’on y observe des formes de concurrence déloyale à cause du non-respect de la spécialisation et de la position des différents acteurs faisant partie des filières. L’enquête montre également une extraversion de cette économie marchande liée au fait que les produits qui sont vendus sur les marchés de Lubumbashi proviennent de l’extérieur de la ville de Lubumbashi et principalement des importations des pays de la sous-région Afrique australe, et des pays asiatiques. Le processus de formalisation apparaît finalement comme inexistant voire involutif, car lié à la conjoncture économique et politique : il y a une quasi inexistence des incitatifs à la formalisation, mais principalement de la répression et l’usage des moyens dissuasifs. Enfin, l’étude montre qu’il n’y a pas d’adéquation entre les politiques publiques et les besoins des commerçants.
Financement : Cette étude a été commanditée par le Bureau International du Travail (BIT) et financée sur les fonds retournés dans le cadre du projet PAEJK (DRC/11/02/BEL)




