Études et Travaux
N°5 — Réseaux et pratiques informelles pour l’obtentiondes titres de séjour au centre de Marabastad à Pretoria (2018)
Par Vincent Kimba Kapanda
Ces dernières décennies, les différentes régions du monde sont quasiment toutes touchées par la question des migrations des populations, et certaines régions connaissent particulièrement d’intenses mouvements migratoires. Certains de ces mouvement migratoires sont liés à des facteurs politiques, d’autres sont liés aux guerres qui déchirent différents pays et communautés, d’autres encore à des facteurs socio-économiques – qui déstabilisent les populations avec plusieurs conséquences, notamment la résurgence des guerres ethniques, des conflits armés voire des cas de viol, de pillage, de terreur. Tout ceci a de l’impact sur la vie des populations en perturbant leurs activités quotidiennes, d’incapables de répondre à leurs besoins socio-économiques.
Parmi les préoccupations majeures au cœur de la vie des immigrés, il y a la question de l’obtention des titres de séjour, voire de la citoyenneté sud-africaine. On peut parler également de la précarité de la vie des migrants, les viols, la prostitution et les infections sexuellement transmissibles qui s’observent dans ces milieux, les réseaux de trafics qui se créent autour des migrants, etc.
En Afrique du Sud, les immigrés qui sont généralement à la recherche des meilleures conditions socio-économiques de vie se heurtent à une dure réalité à leur arrivée de leur à l’ « Eldorado » où ils sont confrontés au problème d’obtention d’un de permis de séjours.
Le site d’enregistrement des réfugiés à Marabastad à Prétoria est devenu une plaque tournante du trafic des papiers de séjours des immigrés. Les transactions y passent généralement par des intermédiaires qui sont une courroie de transmission et de circularité des « frais d’achat » des dits papiers entre les officiers de l’immigration et les demandeurs d’asile à la quête des papiers de séjours. Ce qui constitue à notre sens un réseau d’économie criminelle.
Un tel ne laisserait indifférent le Sociologue à la fois pour cerner de trafic des papiers de séjour et la question de la traite des immigrés demandeurs d’asile [1]. Quel serait alors le sort des immigrés totalement dépossédés dans ce qui apparaît à la fois comme une lutte pour la survie et pour l’acquisition des documents de séjour ?
Il faut dire que ce centre est un service du Ministère des Affaires Intérieures de l’Afrique du Sud situé dans la capitale à Pretoria, et qu’il a des composantes qui sont appelées à fonctionner en imbrication les unes des autres. Par ailleurs, ce centre subit des influences externes dues à son contexte qui seraient à la fois le flux des demandes des titres de séjour, les proposions issues des demandeurs des papiers, les sollicitations des interprètes qui servent de support de contact entre les officiers et les immigrants, les interprètes qui influent sur les immigrants et les orientent vers les services appropriés Ces différents éléments ne peuvent avoir un impact sur le système mis en place notamment dans ses dysfonctionnements L’aboutissement du processus de demande de titre de séjour est soit la remise des titres de séjours, soit le rejet systématique de la demande dû aux faiblesses du dossier du candidat immigré ou encore à son incapacité à faire face au paiement de la cagnotte qui lui est proposée.
Cette étude a pour principal objectif d’appréhender et d’analyser l’organisation des réseaux et les pratiques informelles dans l’obtention des titres de séjour -cette sorte d’économie criminelle. Elle se veut également un questionnement sur le rôle de l’État dans la recomposition ou l’affaiblissement des certaines dynamiques sociales. Nous nous limiterons ici à discuter les résultats de l’enquête quantitative, tandis que les résultats de la partie qualitative seront discutés dans une autre publication en cours.
[1] «C’est une personne qui a fui son pays d’origine et qui cherche à être reconnue et protégée en tant que réfugié en République d’Afrique du Sud et dont la demande est toujours à l’étude. En cas de décision négative sur sa demande, il doit quitter le pays volontairement ou sera expulsé » (http://www.home-affairs.gov.za/index.php/immigration-services/refugee-status-asylum)
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