Études et Travaux
N°2 — Pouvoirs publics, structures institutionnelles et petit commerce à Lubumbashi (2017)
Par Gérard Tukumbi Ramazani, Sylvie Ayimpam, Olivier Kahola Tabu
Les mutations que l’on observe dans les villes du Sud amènent à questionner autrement l’économie informelle et à renouveler les anciennes problématiques, en observant d’une part la contribution du micro-commerce à l’expansion de l’économie informelle dans les villes du Sud, et d’autre part sa participation à la diffusion de produits provenant des circuits mondialisés. Cependant, on observe en même temps que les acteurs du petit commerce continuent à développer des pratiques en marge des règles et des lois. Nous avons essayé de savoir quels sont les principaux obstacles à la formalisation du petit commerce.
En nous basant sur une enquête que nous avons menée d’une part auprès des commerçants, et d’autre part auprès des institutions et des autorités publiques impliquées de près ou de loin dans le fonctionnement de l’économie informelle et du petit commerce, nous livrons ici nos principaux résultats. D’un point de vue microsocial, nous tenterons tout d’abord de restituer les éléments tels qu’ils ont été émis par les commerçants pendant l’enquête. Ensuite nous restituerons les éléments issus de nos entretiens avec les structures étatiques ou provinciales chargées de l’administration de l’économie.
L’un des principaux résultats de notre étude est qu’il apparaît que pour ces commerçants la faiblesse des moyens dont ils disposent pour exercer leur activité économique est ce qui constitue le principal obstacle pour formaliser leur activité.
Les dispositifs d’appui et d’encadrement de leurs activités comprennent ici des éléments tels que faciliter l’accès au crédit, la formation professionnelle, l’accès aux infrastructures, une meilleure organisation des filières, l’accès aux marchés publics, etc. En ce qui concerne la diminution des tracasseries administratives, elle comprend des éléments tels que faciliter les démarches administratives, réduire la multiplicité des taxes, supprimer les taxes doublons ou triplons, etc. Si les enquêtés avancent deux mesures prioritaires, à savoir les mesures d’appui et d’encadrement des commerçants et la lutte contre les tracasseries administratives, il va sans dire qu’il y a également d’autres choses à faire pour inciter les commerçants à formaliser leurs activités.
Si l’on considère la question d’un point de vue macro-social, l’étude de terrain a confirmé notre principale hypothèse. Elle est que les obstacles à la formalisation des petites activités économiques semblent principalement liés d’une part à la faiblesse et aux défaillances de l’État et d’autre part à l’absence de politique publique véritable et volontariste sur la question de l’informel. Nous montrerons qu’on est bien loin ici du cas de pays tels que le Bénin (Bangbola, 2014) ou le Burkina Faso (Barussaud, 2014) pour ne citer que ces deux cas, où les pouvoirs publics ont entrepris quelques politiques volontaristes, même si elles ne sont pas parfaites. En ce qui concerne le Congo (RDC) –et le cas du petit commerce à Lubumbashi le montre bien– on n’observe pas de réelle volonté politique d’appuyer les petites activités économiques ni d’aide à la formalisation progressive.
Pour télécharger l’ensemble du document cliquer ici




