cliché. « Creuseurs » en train de tailler le cuivre extrait de la carrière de Musoï pour le préparer à la vente auprès des négociants dans l’hinterland minier du Lwalaba. cliché V. Kimba-Kapanda.Le mode opératoire des mines, intense en technologie et en capitaux, mais nécessitant relativement peu de personnel, est déjà en soi une source de frustration et de tension par rapport aux espoirs initiaux que tout projet fait miroiter aux populations et que, le plus souvent, l’État et la transnationale alimentent cyniquement. La division du travail au sein des mines accentue le phénomène : les populations locales – qui peuvent être des migrants d’autres régions venus chercher un travail, source potentielle également de tensions – ne peuvent obtenir que des postes subalternes, peu qualifiés, tandis que les emplois de direction sont le plus souvent attribués à des expatriés. le problème n’est pas que quantitatif, il est aussi qualitatif. Les emplois proposés sont le plus souvent à durée déterminée, sous-payés et précaires. Les conditions de travail y sont pénibles et intenses, les syndicats entravés ou contournés. L’argent investi ne se traduit que très imparfaitement en termes de bénéfices – la pauvreté reste tandis que les richesses quittent le pays – et d’emplois. Souvent, la soif de gains rapides et exponentiels oblige en outre les actionnaires et dirigeants à économiser sur les salaires, la sécurité, la formation… Sans compter qu’une fois le sous-sol vidé de ses richesses, l’usine fermera, la transnationale partira, laissant sur le carreau tous ces travailleurs sans perspective, confrontés à une situation conflictuelle (F. Thomas, ibid: 12).
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