Bulletin n°8-9 Février-Mars 2021

Édito

Quels sont les enseignements de la pandémie de covid-19 un an après ? Le 11 mars 2020, on apprenait par l’OMS que la pandémie de Covid-19 qui avait pris naissance en Chine était devenue une pandémie. Les représentants de l’organisation se disaient alors « profondément préoccupés par les niveaux alarmants de propagation et de gravité » et par les « niveaux alarmants d’inaction ». Le monde est ainsi confronté à une crise sans précédent depuis un an désormais. Le Covid-19 a bouleversé le quotidien de 7,5 milliards d’individus. Quel bilan tirer après un an de pandémie ?

C’est le 7 janvier que le nouveau virus de la famille des coronavirus est identifié pour la première fois, et quatre jours après, le 11 janvier, Pékin annonce le premier mort officiel de la maladie, qui est ensuite baptisée Covid-19. Le 23 janvier, la ville Wuhan se retrouve coupée du monde et le premier décès officiel hors d’Asie intervient le 15 février, en France, où un touriste chinois est hospitalisé. Le 6 mars, l’épidémie passe la barre des 100.000 cas recensés officiellement dans le monde. L’Italie est le premier pays européen touché, et elle impose un confinement au nord, étendu ensuite à tout le territoire. Le 16 mars, l’Allemagne appelle sa population à « rester à la maison » et le Royaume-Uni à éviter tout « contact social ». Quant à la France, elle est confinée à partir du 17 mars tandis que l’Union européenne ferme ses frontières extérieures. 

Le bilan est très lourd, comme on le verra dans les différentes contributions de ce numéro. Les États-Unis sont le pays le plus touché, avec plus de 29 millions de cas et plus d’un demi-million de morts, le pays est de loin celui qui a recensé le plus de victimes. En Asie, la pandémie semble actuellement contenue. La Chine ne déclare plus officiellement que des cas isolés. L’Inde, qui a connu une importante vague de contaminations de juillet à novembre, a repris le contrôle. Aujourd’hui, à l’échelle du continent, moins de 500 morts sont à déplorer quotidiennement. L’Amérique latine connaît une vague interminable : après une légère accalmie, la région connaît une nouvelle vague plus meurtrière depuis décembre, et c’est le Brésil qui enregistre de nouveaux records de décès. Au Moyen-Orient, le nombre de cas détectés reste à un niveau modeste. Le nombre de décès quotidiens, est en revanche stabilisé depuis le début de l’année. Perçue dès le départ comme très vulnérable, l’Afrique a été relativement épargnée par la pandémie, malgré plusieurs vagues de contaminations, notamment en Afrique du Sud. Les chiffres sont très bas, mais sont toutefois sujets à caution en raison des faibles capacités de dépistage des autorités. L’Océanie est le continent le moins touché. Au plus fort de la principale vague en août 2020, seuls une vingtaine de morts pour quelques centaines de cas étaient détectés chaque jour

Il faut dire que le mystère sur les origines du Covid-19 reste entier. On montrera ici que plus d’un an après son apparition à Wuhan, une dizaine d’hypothèses sont sur la table pour expliquer d’où vient le Sars-CoV-2, et comment il a franchi la barrière des espèces. La seule hypothèse qui fait consensus à ce jour, c’est celle de l’histoire de cette pandémie commençant avec un petit mammifère insectivore : le Grand rhinolophe (Rhinolophus affilis). Une chauve-souris qui agit comme un réservoir pour les coronavirus, réputés pour leur facilité de mutation et leur capacité de transmission d’espèce à espèce. Les pistes sont nombreuses pour trouver les origines de la pandémie, mais les certitudes, elles, sont rares. Même le patient zéro n’a pas encore été retrouvé. 

Si trouver l’origine du virus apparaît comme primordial pour de nombreux scientifiques, c’est parce qu’il est tout d’abord important de comprendre comment les virus qui circulent dans la faune sauvage peuvent se transmettre à l’Homme. Bien que cela ne soit pas indispensable pour résoudre la pandémie que nous vivons, car les scientifiques connaissent maintenant parfaitement le virus, cela peut néanmoins permettre de situer les zones où des virus pathogènes pour l’Homme circulent, et identifier de la sorte les lieux à risque.  

Après un tour d’horizon au niveau international, on consacrera la seconde partie de ce bilan au continent africain. Un an après l’apparition du premier cas, le continent est très faiblement touché et affiche un bilan de près de 100 000 décès, avec un peu plus de 3,7 millions de personnes infectées. Mais en l’absence de dépistage massif, ces chiffres sous-évaluent certainement la situation et ne semblent refléter la réalité que de manière très limitée. En Afrique du Sud par exemple, l’équipe du South African Medical Research Council (SAMRC), a annoncé récemment que selon ses calculs menés en prenant pour référence des tendances de mortalité antérieures à la pandémie, les décès supplémentaires enregistrés dans le pays entre mai 2020 et février seraient plus de trois fois supérieurs aux chiffres déclaré à l’OMS.

Il est bien entendu que l’incidence du virus n’est pas la même d’un pays africain à l’autre. Les pays les plus « connectés » du continent, à l’instar de l’Afrique du Sud et du Maroc, ont été plus touchés. D’autres pays, plus isolés, ont été relativement épargnés. Mais, dans l’ensemble, la résilience est réelle, surtout si on la rapporte au niveau de développement des infrastructures sanitaire. La pandémie a néanmoins constitué un choc économique et social sans précédent pour le continent africain, aussi bien pour les pays exportateurs de matières premières, comme l’Algérie, le Nigeria ou l’Afrique du Sud, que pour les exportateurs de biens manufacturés et de services touristiques, comme le Maroc et la Tunisie. Face à ce choc, les réponses des États africains ont été très hétérogènes. La lutte contre la pandémie a bouleversé les agendas politiques et les priorités. Les différents partenariats Nord-Sud ainsi que la coopération au développement en ont ressenti le choc. À l’aune de la pandémie, l’Europe par exemple a réagi principalement en déployant une aide humanitaire d’urgence en Afrique, et en s’engageant à garantir un accès équitable aux vaccins contre la Covid-19 pour une centaine de pays en développement.

Selon les scientifiques, le vaccin anti Covid-19 reste à ce jour le moyen le plus sûr pour baisser l’incidence de la pandémie. Cependant, ce vaccin soulève des fortes réticences dans le monde entier, comme on le sait, et le continent africain n’est pas en reste. Nous consacrerons le prochain numéro de notre bulletin à la question du vaccin anti covid-19, et nous analyserons notamment les motifs qui alimentent les réticences. Mais pour l’heure, nous en sommes au bilan de la première année de la pandémie dans ce numéro double de notre bulletin. Nous espérons que les lecteurs trouveront dans les textes présentés ici des éléments pouvant alimenter leurs propres réflexions. Le bilan montre surtout que la pandémie a profondément bouleversé nos vies et nos habitudes de vie. La pandémie semble marquer une rupture, et beaucoup pensent que notre monde ne sera plus comme avant. Quoiqu’il en soit, nous espérons que cette crise, comme toutes les grandes crises à travers l’histoire de l’humanité, pourra concourir à l’avènement d’un monde différent certes, mais meilleur ; du moins on l’espère.

Nous souhaitons une très bonne lecture à tous !

Sylvie Ayimpam et Jacky Bouju

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