LE BULLETIN DE L’OBSS N°5 – JUIllet 2020

Édito

Dans ce numéro, nous poursuivons la réflexion engagée dans le numéro 4 sur l’utilité des sciences sociales face à la pandémie du Covid-19, où nous avions également posé la question de savoir comment faire de la science de manière rigoureuse en temps de crise. En abordant la question de la « socio-anthropologie du risque », nous poursuivons la réflexion sur le rapport des sciences sociales au politique. Mais pourquoi aborder spécifiquement la question du risque?

En effet, la pandémie du Covid-19 pose fondamentalement la question du risque car elle apparaît comme un danger nouveau, invisible, peu perceptible, difficilement contrôlable et méconnu jusqu’alors scientifiquement, et qui a tout loisir de proliférer avant d’être identifié comme un risque. Le caractère socio-culturel du risque permet de comprendre pourquoi les réactions collectives ne sont pas les mêmes entre pays différents et pourquoi dans un même pays la pandémie suscite la psychose dans certaines catégories sociales et un déni de dangerosité dans d’autres. Par conséquent, le risque est principalement compris dans la différence entre une culture et une autre. Comme on l’avait vu précédemment, les sciences humaines et sociales n’ont pas abandonné le terrain de l’analyse aux seules sciences biomédicales, depuis le début de la pandémie. En proposant des analyses qui mesurent les impacts sociaux, politique ou psychologiques que provoque la pandémie du covid-19, elles ont montré leur utilité. C’est précisément, leur capacité à décrypter les logiques de perception du risque, qui est abordée ici.

Répondre à la question de savoir pourquoi le Covid-19 fait plus peur que les autres maladies chroniques est l’occasion de présenter ici un bref état des savoirs sur la socio-anthropologie du risque. Ce domaine des sciences sociales dédié à l’analyse des catastrophes qui s’est prodigieusement développé ces trente dernières années a permis de mieux comprendre les réactions sociales, culturelles et politiques aux aléas et catastrophes. Les développements les plus récents reprennent les concepts foucaldiens de « gouvernementalité » du risque, de « biopolitique » et de « biopouvoir » qui permettent d’interroger les dispositifs mis en place en Afrique pour faire face au risque de pandémie du Covid-19. Ces concepts permettent aussi de poser de manière non normative la question des risques d’effondrement de l’économie mondiale liée à la globalisation capitaliste ainsi que les risques d’« infox » et d’ « intox » véhiculés de manière « virale » par les technologies mondialisées de l’information et de la communication qui feront l’objet d’un dossier dans le prochain numéro.

La biopolitique fait la liaison avec les billets suivants du numéro. En effet, les question de la rigueur scientifique et du temps incompressible nécessaire à une recherche de qualité, que nous avons abordé dans le numéro 4 y sont crûment posées. D’abord dans le billet de Quinn et Seale intitulé « Covid-19 : Pourquoi la précipitation russe à sortir un vaccin pose problème », puis dans celui d’Éric Muraille intitulé « Fact check : Est-il possible de développer un vaccin contre le Covid-19 en moins d’un an ? ». Ces deux billets s’interrogent sur les raccourcis dangereux empruntés par certains laboratoire dans la course au vaccin. Cette question est au centre de l’article d’Africanews intitulé « Covid-organics : désillusion africaine ? » ainsi que dans un court article de Damien Glez intitulé « Covid-Organics : l’optimisme tradipraticien face à la flambée malgache ». Les enjeux politiques et économiques sont tels que certains laboratoires n’hésitent pas à anticiper la sortie d’un vaccin avant même que toutes les étapes de contrôle nécessaires aient été validées. Pourtant, la distribution d’un vaccin potentiellement dangereux et inefficace pourrait avoir de graves conséquences dans une utilisation à large échelle.

Dans un contexte « d’infobésité et d’infox », on peut dire que la perception du risque de la pandémie s’amplifie fortement. L’information en continue et les fake news jouent en effet sur les ressorts émotionnels. Se développent alors une forte incertitude et d’intenses controverses concernant la vérité des discours venant du monde entier. L’amplification de la perception du risque lié au Covid-19 est donc maximale. Dans la prochaine livraison du Bulletin de l’OBSS, nous ouvrirons une réflexion sur ces questions d’infobésité et de Fake news en lien avec la pandémie du Covid-19.

En vous souhaitant une bonne et stimulante lecture.

Sylvie Ayimpam et Jacky Bouju

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